Un soir d’automne, Julien rentra chez lui plus tôt que prévu. La maison était silencieuse, mais un courant d’air froid parcourait le couloir. En levant les yeux, il remarqua que la porte du grenier, qu’il avait verrouillée depuis des années, était grande ouverte. Une odeur de poussière et de métal rouillé s’en échappait. Son cœur battait si fort qu’il avait l’impression que les murs vibraient avec lui.
Il monta les marches, chaque pas grinçant comme si la maison protestait. Dans la pénombre, une lueur bleutée s’échappait du grenier. C’était étrange : aucune ampoule n’était branchée là-haut. Plus il s’approchait, plus il entendait des murmures, comme des voix lointaines qui se chevauchaient. Elles ne parlaient pas une langue connue, mais il comprenait parfaitement ce qu’elles lui disaient : “Tu n’aurais jamais dû ouvrir cette porte…”.
Pris de panique, Julien fit demi-tour, mais les marches derrière lui avaient disparu. À la place, s’étendait un couloir sans fin, tapissé de portes identiques, toutes légèrement entrouvertes. Chacune laissait filtrer une lumière différente : rouge, verte, dorée, violette… Et dans chacune, un œil l’observait attentivement. Il comprit alors que le grenier n’était pas un lieu, mais une invitation. Et qu’en franchissant la première porte, il venait d’accepter un voyage sans retour.
